Site icon Le Portail du Droit

Bail commercial : fixation de la créance du bailleur sur le preneur en redressement judiciaire

Illustration actualité juridique

La créance, du bailleur sur le preneur en redressement judiciaire, faisant l’objet d’une instance en référé doit être soumise à la procédure de vérification des créances et à la décision du juge-commissaire.

Un bailleur commercial a fait commandement au preneur de payer un arriéré de loyers et diverses autres sommes en visant la clause résolutoire insérée au bail.Une ordonnance de référé a constaté la résiliation du bail, ordonné l’expulsion du preneur et condamné celui-ci au paiement d’une somme provisionnelle au titre de l’arriéré de loyers et charges.Le preneur en a relevé appel puis a été mis en redressement judiciaire.

Le preneur ayant été mis en redressement judiciaire au cours de l’instance d’appel de cette ordonnance de référé, la cour d’appel de Lyon a fixé la créance du bailleur sur le preneur, dans un arrêt du 19 avril 2011.

La Cour de cassation casse cet arrêt le 2 octobre 2012, estimant que la cour d’appel a violé l’article L. 622-22 du code de commerce, dans sa rédaction issue de la loi de sauvegarde des entreprises, en statuant ainsi, « alors que le bailleur devait être renvoyé à suivre la procédure de vérification des créances ».

La Haute juridiction judiciaire rappelle que « l’instance en cours, interrompue jusqu’à ce que le créancier poursuivant ait procédé à la déclaration de sa créance, est celle qui tend à obtenir, de la juridiction saisie au principal, une décision définitive sur le montant et l’existence de cette créance ».

Or, tel n’est pas le cas de l’instance en référé, qui tend à obtenir une condamnation provisionnelle. Par conséquent, « la créance faisant l’objet d’une telle instance doit être soumise à la procédure de vérification des créances et à la décision du juge-commissaire ».

 

© LegalNews